Révolte anticommuniste en Hongrie (1956)

Révolte anticommuniste en Hongrie (1956)

Octobre 2026 marquera exactement le 70e anniversaire de la répression soviétique de l’insurrection hongroise. Des milliers de citoyens hongrois furent tués et blessés lors de cette sanglante répression soviétique contre les insurgés. Près de 200 000 Hongrois furent contraints à l’exil.
Les troupes soviétiques et le Service de sécurité d’État hongrois (AVH) ne parvinrent à réprimer complètement le soulèvement hongrois qu’en janvier 1957. L’Union soviétique installa alors le pro-soviétique János Kádár à la tête de l’État, tandis que le réformateur et chef de l’opposition Imre Nadya, ainsi que nombre de ses associés, furent exécutés ou emprisonnés.
Quelques mots à présent sur la participation des Ukrainiens à ces événements.
Il se trouve que des Ukrainiens de souche se trouvaient des deux côtés des barricades.
Plusieurs bataillons de volontaires furent formés à partir d’anciens soldats de l’UPA en exil, venus en aide aux insurgés hongrois.
Parallèlement, des Ukrainiens participèrent également à la répression de l’insurrection hongroise. Il s’agissait d’Ukrainiens de souche enrôlés de force dans les forces armées soviétiques et contraints d’exécuter les ordres criminels des dirigeants de l’empire soviétique de l’époque.
Ce bref rappel historique visait à rappeler à la communauté internationale les événements tragiques du passé et à prévenir leur répétition.
Aujourd’hui, à l’heure des bouleversements politiques mondiaux et de la lutte entre régimes totalitaires et démocratie, nous sommes tous interdépendants et nul ne peut rester indifférent à ces enjeux. Cela est particulièrement pertinent pour les dirigeants politiques des pays d’Europe centrale et orientale, qui, jusqu’à récemment, se trouvaient dans la sphère d’influence de l’ancien empire soviétique et sont désormais confrontés à l’incertitude, dans un contexte de retrait de facto des États-Unis de leur rôle de leader politique mondial et de crise de l’OTAN.
Il convient de souligner que le président russe Vladimir Poutine s’est fixé pour objectif de restaurer le statut impérial de la Russie, ce qui explique son invasion armée de l’Ukraine. En substance, il reproduit la stratégie adoptée par les hauts responsables soviétiques lorsqu’ils ont décidé de déployer des troupes soviétiques en Hongrie et en Tchécoslovaquie. La seule différence, c’est qu’à l’époque, ils voulaient empêcher l’effondrement de l’empire soviétique totalitaire, tandis que Poutine souhaite le restaurer.
Revenons à la Hongrie. D’un point de vue historique, 70 ans représentent une période relativement courte. C’est pourquoi, aujourd’hui, la classe politique hongroise compte à la fois des personnalités pro-russes (héritiers des forces totalitaires pro-soviétiques) et des personnalités pro-occidentales qui défendent les principes de liberté et de démocratie.
La confrontation entre ces forces antagonistes devrait être particulièrement intense ce printemps lors des élections législatives hongroises, où le principal affrontement opposera les héritiers idéologiques d’Imre Nadya et de János Kádár.
Les analyses sociologiques indiquent que la lutte de pouvoir se jouera entre le chef pro-russe du parti «Fidesz», l’actuel Premier ministre hongrois Viktor Orbán, et le chef pro-occidental du parti «Tisza», Péter Madyar. Nous suivrons de près ces événements et informerons nos abonnés de leur évolution et de leurs implications pour les relations internationales et la politique mondiale.
Oleg Berezyuk,
Institut de Politique Globale

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